Analyse de la qualité de vie: méthode AQV

L’amélioration de la qualité de vie des personnes qui vivent dans des milieux socio-sanitaires est un but implicite poursuivi par les associations, les organismes et les institutions concernées, de même que par les bailleurs de fonds et les autorités. L’analyse et l’évaluation de la qualité de vie des usagers de services humains sert à apprécier l’atteinte des objectifs poursuivis par les politiques sociales, et par le fait même, sert à se pencher sur le bien fondé des hypothèses qui les sous-tendent. Notre méthodologie, l'AQV, constitue un cadre d’analyse qui s’adapte aux différents milieux et leurs clientèles. Enfin notre méthodologie s’inspire de la recherche sociale contemporaine, en particulier les indices composés du mieux-être de citoyens de pays qui s’intéressent à ce phénomène.

L’AQV poursuit deux objectifs fondamentaux, porteurs de changement personnel et organisationnel. Le premier est de permettre une prise de conscience par les usagers de services humains, de même que leurs proches, de leur situation personnelle et ce afin qu’ils se donnent la possibilité d’améliorer leur qualité de vie et leur mieux-être. Le deuxième objectif est de sensibiliser les travailleurs des services humains, intervenants comme responsables, afin de leur donner des pistes de travail à l’intérieur de la portée légitime de leurs services pour améliorer la qualité de vie et le mieux-être de leurs usagers, clients, patients ou protégés.

Notre modèle conceptuel reconnaît la nature multidimensionnelle de la qualité de vie et la relation continue entre les personnes et leurs environnements de vie. Il prend pour acquis que la qualité de vie est un jugement, pour des individus, à propos de la qualité des caractéristiques qui sont considérées comme typiques pour toute vie humaine. Ce que cela signifie c’est que la qualité de vie de l’usager de services humains par l'AQV est analysée par le biais des mêmes caractéristiques que pour toute autre personne.

L’AQV comporte un grille d’analyse de la qualité de vie globale permettant de s’interroger sur la qualité de vie des usagers ou clients des services humains. Cette grilles est issue du modèle conceptuel de la qualité de vie développé par l’auteur, en lien avec la littérature contemporaine sur le sujet.

À l’intérieur de cette grille des rubriques représentant des aspects spécifiques de la qualité de vie sont analysées et cotées.

L’analyse de la qualité de vie porte sur trois aspects : l’être, les aspects de la personne; l’appartenance, les aspects liés à l’intégration avec d’autres personnes et lieux; le devenir, les aspects liés aux activités quotidiennes qui font la promotion de la croissance personnelle, du développement, et de l’adaptation à la vie.

ÊTRE Bien-être physique - Corps et santé Bien-être psychologique - Pensées et sentiments Bien-être spirituel - Croyances et valeurs

APPARTENANCE Appartenance physique - Où on vit, travaille, etc. Appartenance sociale - Les personnes qui vous entourent Appartenance communautaire - Maillage aux ressources communes

DEVENIR Devenir pratique - Activités quotidiennes pratiques Devenir de temps libre - Activités de plaisir et de jouissance Devenir de croissance - Activités pour changer, grandir et s’adapter

Trois indicateurs ont été développés pour chacune de ces neuf dimensions, ce qui totalise 27 rubriques par grille d’analyse. De plus, deux questions fondamentales sont posées, soit le niveau de prise de décision qui influent sur l’être, l’appartenance et le devenir, et les opportunités pour cette prise de décision.

L’AQV analyse les divers aspects de la qualité de vie en trois étapes.

Premièrement, chaque aspect de la qualité de vie analysé dans les rubriques est évalué en fonction de son degré d’importance (ou sa pertinence), pour la personne visée. Deuxièmement, chaque rubrique est évaluée en fonction de la jouissance ou de la satisfaction éprouvée par la personne visée. Troisièmement, les scores de pertinence sont utilisés pour baliser les scores de satisfaction pour en arriver aux scores de base de la qualité de vie. Par exemple, si une personne dans ses moments de loisirs préfère s’adonner à un hobby artisanal plutôt que des sorties sociales, mais que les deux activités lui procurent une satisfaction égale quand elle les entreprend, l’activité artisanale sera considérée plus importante à sa qualité de vie que les sorties. Les scores de base de la qualité vie reflètent donc la propre vision des usagers, et il est reconnu que ces visions peuvent avoir besoin d’une certaine qualification. Pour cette raison, deux autres concepts sont aussi utilisés dans les grilles : la prise de décision, soit le degré de prises de décisions de la personne qui affectent la direction de sa vie, et les opportunités qui lui sont disponibles pour faire des choix et prendre des décisions.

L’AQV prend en compte trois perspectives de la qualité de vie. Recueillir des données de personnes qui sont utilisatrices de services humains pose parfois des défis. Pour cette raison, l’évaluation prend en compte trois perspectives sur la vie de l’usager : la perspective de l’usager, la perspective d’une personne qui le connaît bien, et la perspective de la personne qui conduit l’analyse. Les deux premières perspectives sont subjectives, et toutes différences significatives entre les deux seront considérées sources d’intérêt. La troisième perspective, celle de la personne qui conduit l’analyse, reflète son propre jugement à propos du degré d’existence des conditions constituant les composantes d’une bonne qualité de vie. Ces jugements sont effectués en accord avec les critères établis lors de la formation des évaluateurs/analystes. Ainsi, il s’agit d’un jugement plus objectif à propos de la qualité de vie de la personne.

La perspective de l’usager est obtenue par le biais de l’entrevue du participant. L’analyste/évaluateur évalue la pertinence et la jouissance des éléments de qualité de vie à partir de ce que lui dit l’usager. La perspective d’une autre personne est obtenue par le biais d’un questionnaire pour personne significative. Les mêmes rubriques sont cotées selon leur niveau perçu de pertinence et de jouissance de l’usager. La perspective de l’analyste/évaluateur est obtenue par le biais d’un formulaire de l’évaluateur.

Une analyse de la qualité de vie, quoique utile en soi, sera grandement améliorée par d’autres sources d’information. L’échelle de satisfaction du style de vie et un sommaire écrit de quelques pages de la part de l’évaluateur à propos des conditions de vie de l’usager peuvent être éclairants. Des données démographiques et des données administratives à propos des services, de même que les échelles reconnues de comportements adaptés (Vineland, ABS, etc.) sont aussi des outils pertinents.